STADE BAUER, 1998  RED STAR 93

DES SUPPORTEURS ORPHELINS
DES GRADINS VETUSTES DE BAUER

Il y a juste quatre ans, fin septembre 1998, le quotidien Le Monde consacrait deux tiers de page au Red Star.
Deux articles : "Pourquoi le Red Star ne joue pas au Stade de France" et un second "Des supporteurs orphelins des gradins vétustes de Bauer".
Il nous a semblé intéressant à quelques jours du retour à Bauer de publier l'article consacré aux supporters. Un papier signé Frédéric Potet.

"LES VERITABLES SUPPORTEURS du Red Star, ouvriers des faubourgs parisiens ou nostalgiques du bon temps, en parlent larme à l'il. Avec ses gradins d'un autre âge, son toit en tôle, ses immanquables poteaux de soutènement et sa vue imprenable sur le Sacré-Cur illuminé au loin, le stade Bauer mériterait d'être inscrit au registre des monuments historiques du football français. Situé juste derrière le quartier des puces, à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), l'édifice est aujourd'hui déserté. Seules certaines équipes de jeunes du Red Star et la "réserve" du club occupent la pelouse devant quelques poignées de spectateurs. L'équipe professionnelle, elle, a quitté l'endroit. Ce départ, sans doute définitif, est la conséquence du feuilleton qui aurait dû la conduire jusqu'au Stade de France.
Cela faisait longtemps que le trop désuet stade Bauer n'était plus aux normes de sécurité imposées par la Ligue nationale de football (LNF). Jusqu'à la saison 1997-1998, l'équipement bénéficiait d'une dérogation en attendant qu'un nouveau stade voie le jour. Après plusieurs années de palabres, Jean-Claude Bras, président du Red Star, tombait finalement d'accord, il y a deux ans, avec la municipalité (communiste) de Saint-Ouen et le Conseil général (communiste) de la Seine-Saint-Denis sur un projet de rénovation. A l'aube du XXIème siècle, une enceinte moderne de 15 000 sièges et d'un coût de 150 millions de francs s'élèverait en lieu et place du vieux stade Bauer.

DU PROVISOIRE QUI DURE
A l'époque le Stade de France était encore en plein chantier, Jean-Claude Bras imaginait-il, alors que son club puisse un jour emménager à Saint-Denis ? D'hésitations en non-dits, le président du Red Star laissera, en tout cas, se développer le projet du "nouveau Bauer". Un concours de conception-réalisation est lancé par la mairie de Saint-Ouen. Parallèlement, le Conseil général de Seine-Saint-Denis construisit un stade "temporaire" tout en tubulaires, au parc des sports de Marville (sur la commune de Saint-Denis) : le Red Star ira jouer là-bas pendant deux ans, le temps de rénover Bauer.
Las, tout tombe à l'eau au printemps dernier. Après le refus du Paris SG d'aller occuper le Stade de France, le Red Star se retrouve propulsé en première ligne. Jean-Claude Bras annonce le déménagement vers le géant de 80 000 places. Le maire de Saint-Ouen, Paulette Fost, crie à la trahison. Le concours est annulé. Une indemnité de 250 000 francs est versée à chacun des cinq candidats.
Mais lorsque, deux mois plus tard, le Red Star se voit finalement refuser l'accès au stade de France, il est trop tard pour faire demi-tour. Le divorce avec Saint-Ouen. Jean-Claude Bras n'a plus qu'à installer son équipe de deuxième division à Marville, pour une durée indéterminée. Aux confins de Saint-Denis et de La Courneuve, l'endroit est difficile d'accès et clôturé de grillages, sécurité oblige. Les amoureux du stade Bauer ont tout perdu.

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